FAÏENCES DE NEVERS DE LA COLLECTION ROUGERIE
Publié par la Gazette Drouot
Réuni par un médecin conseillé par des experts, cet ensemble de céramiques traduit un engagement pour le patrimoine de la cité nivernaise.
Le docteur Rougerie, gastro-entérologue de renom, a réuni au fil de longues années de passion une remarquable collection consacrée aux faïences de Nevers. Ses acquisitions ont été effectuées en ventes aux enchères à Paris comme à l’étranger – notamment celles affichant des provenances réputées. Agissant avec sagesse, il s’est fait conseiller d’experts et de Jean Rosen, auteur de l’ouvrage de référence paru en 2003, La Faïence de Nevers. 1585-1900 (éditions Faton). Cet ensemble offre ainsi une grande variété de formes et de décors illustrant la richesse de ce centre de production. Soit l’une des plus grandes aventures céramiques françaises, qui débute à partir du XVIe siècle et de l’arrivée dans la cité de faïenciers transalpins. Dans les premières décennies, les décors italiens dominent. En témoigne une aiguière à panse ovoïde sur piédouche munie d’une anse torsadée et d’une tête de bouc, vers 1690 (estimée 4 000 / 6 000 €). Rapidement néanmoins, les références iconographiques se multiplient et le répertoire ornemental s’enrichit. Il en est ainsi de la pièce maîtresse : un grand plat d’apparat au décor en blanc de branchages et rameaux fleuris animés d’oiseaux exotiques sur un fond bleu persan (reproduit page de droite). Cette pièce, réalisée dans les années 1660-1670, est attendue entre 8 000 et 12 000 €, alors que 3 000 à 4 000 € seront demandés d’une coupe ronde sur piédouche du même style. Une plaque rectangulaire à bords arrondis,duXVIIe siècle également (5 000 / 8 000 €),illustreunetout autre catégorie : celle des objets à caractère religieux. De fait, le visage du Christ portant la couronne d’épines se détache du fond jaune.
Il est inspiré d’une peinture de Guido Reni connue par la gravure de Nicolas de Poilly (1627-1696). Nevers a aussi produit des sujets religieux polychromes sous la forme de sculptures, tels saint Guillaume en armes (8 000 / 10 000 €)et saint Luc en pied (4 000 / 6 000 €), deux œuvres de la fin du XVIIe. On trouvera enfin dans cette collection des références à la littérature de l’époque, tels les bustes de Renaud et Armide, les héros du poème épique du Tasse, La Jérusalem délivrée. Reproduits ci-dessus, les deux personnages peints en polychromie « à la palette » vers 1670-1680, posés sur des socles à l’imitation d’écailles, sont estimés entre 5 000 et 6 000 €.
Nevers, vers 1670-1680.
Paire de bustes de personnages à l’antique figurant Renaud et Armide, à décor polychrome « à la palette ».
H. 36 cm.
Estimation : 5 000 / 6 000 €

Nevers, vers 1660-1670.
Plat d’apparat de forme ronde décoré en blanc fixe sur un fond bleu persan de branchages et rameaux fleuris animés d’oiseaux exotiques et d’un paon sur le bassin.
Diam. 44 cm.
Estimation : 8 000 / 12 000 €