Des univers en miniature


Publié par la Gazette Drouot

Si la forme ronde (marugata) est la plus répandue, il en existe une grande variété. Ainsi d’un tsuba en fer du milieu de l’époque d’Edo, en forme de mont Fuji (400 / 500 €), ou un autre du XVIIe siècle en forme de pigeon à l’œil incrusté d’or (500 / 600 €).

De dimensions restreintes, ces rondelles de métal sont généralement pourvues de trois orifices aux rôles bien précis. Celui du centre, le plus grand, appelé nakago-ana, sert à faire passer la soie de l’épée. À gauche se trouve le kozuka-hitsu ana, dévolu à accueillir le kogatana, un petit couteau servant aux usages courants du samouraï. À droite enfin figure le kôgai-hitsu ana, destiné à recevoir le kôgai, une paire de poinçons faisant aussi bien office de cure-pied pour les sabots du cheval que d’arme blanche. Toutefois, certains tsubas n’ont qu’une ou deux ouvertures. Ainsi, la surface disponible pour accueillir le décor s’en trouve plus ou moins réduite, ce qui n’empêche pas les artistes de faire preuve d’un grand talent pour donner naissance à des créations virtuoses. Le motif change en fonction des goûts du guerrier ou du concepteur de l’arme. Les végétaux y occupent une place d’importance, où dominent bambous, chrysanthèmes et paulownia. D’autres fleurs apparaissent plus rarement, comme sur ce tsuba du XIXe siècle à décor de lys (2 000 / 3 000 €). Chez les animaux, chevaux et bœufs sont légion, de même que les grues et tortues, symboles de longévité. Le lièvre, animal de bon augure dans la culture japonaise, est aussi très représenté, comme sur ce tsuba de l’époque d’Edo (1 000 / 1 500 €). D’autres motifs sont plus rares et présentent un intérêt historique particulier, à l'exemple de ce tsuba de l’école Umetada en fer ciselé incrusté d’or et d’argent (2 000 / 3 000 €). figurant une carte du Japon avec ses îles principales – Kyushu, Shikoku et Honshu – mais pas Hokkaido, qui à l’époque n’appartenait pas au pays. Les possibilités d’ornement paraissent inépuisables et donnent lieu à autant d’œuvres uniques.


Japon, époque d’Edo, XIXe siècle
Tsuba en forme de flocon de neige, en cuivre à patine rouge orangé, orné du mont Fuji boisé sous la lune en en faible relief, et incrusté d’alliage de cuivre, zinc et étain
H. 8,3 cm.
Estimation : 800/1 000 €