Une géométrie calculée


Publié par la Gazette Drouot

Exécutée en 1913, cette toile fait partie des travaux de Roger de La Fresnaye sur une série consacrée au village de Meulan, en bords de Seine.

Cette œuvre a été exposée au museo d’Arte de Mendrisio, dans le Tessin suisse, à l’occasion de la rétrospective « Roger de La Fresnaye, le noble cubiste » (octobre 2023-février 2024). Un examen approfondi a révélé, dans une sous-couche, la présence d’une maison près d’un pont, dans une campagne vallonée, probablement en Bretagne. En 1908-1909, La Fresnaye s’installe en effet à Châteauneuf-du-Faou (Finistère) pour peindre auprès de Paul Sérusier, dont il a reçu les leçons à l’académie Ranson, une série de paysages de Bretagne selon les principes du synthétisme. En 1911, il rejoint le camp des cubistes au Salon d’automne et prend part à la plupart de leurs manifestations. Après La Ferté-sous-Jouarre, c’est dans un méandre de la Seine dans l’Ouest parisien, à Meulan, qu’il pose son chevalet, chaque dimanche, où il rejoint son frère, Henri, directeur de la société de construction d’avions Nieuport. C’est sa période cézanienne. Fidèle à sa démarche, il multiplie les études sur toile, qu’il s’agisse de natures mortes ou de paysages. La nôtre présente de nombreuses similitudes – tant dans la palette de verts et de bleus, que dans la composition, la façon de représenter les nuages et les toits des maisons et de délimiter les motifs – avec un tableau de 1912 titré La Cheminée d’usine. Inscrit au catalogue raisonné, ce dernier a été cédé le 15 mai 2015 (Christie’s, New York) dans le cadre de la collection John C. Whitehead, pour 278 000 € (frais compris). Un bon présage pour la toile de cet artiste quelque peu méconnu, décédé à 40 ans.


Roger de La Fresnaye (1885-1925)
Étude pour la cheminée d’usine, 1913
Huile sur toile, 33 x 41 cm. 
Estimation : 20 000/30 000 €

VENDREDI 21 JUIN, SALLE 6 – HÔTEL DROUOT.
TESSIER & SARROU ET ASSOCIÉS OVV. M. SCHOELLER.