Serge POLIAKOFF (1900-1969)


Serge Poliakoff est né à Moscou en 1900, il est considéré comme un peintre majeur de l’abstraction.
Très vite il s’inscrit à l’école de dessin de Moscou mais devient dans un premier temps musicien itinérant pour fuir la guerre. Ce qui le conduit à Paris en 1923, où il continuera à jouer de la guitare dans les cabarets russes. Il en profite pour s’inscrire à l’Académie de la Grande Chaumière mais continue à produire des œuvres académiques.
Après un séjour de deux ans à Londres, il découvre l’art abstrait et rencontre Sonia Delaunay, Vassily Kandinsky.... Ses œuvres changent et s’appuient sur la couleur et la lumière qu’elle apporte ainsi que l’émotion qu’elle procure sans aucune représentation figurative.
Les compositions de Serge Poliakoff s’articulent autour de formes courbes très colorées qui très vite se superposent et lui permettent de s’imposer comme un artiste important de l’École de Paris.
Dans les années 1940 il se concentre sur des œuvres aux tons gris-marrons avant d’élaborer des toiles aux tons vifs et plus géométriques dès 1950.
Dans les années 60, il présente des œuvres monochromes dans des nuances d’ocre en abandonnant la construction au profit du jeu de lumière. En 1962 il est naturalisé français.


 

LOT n°125

Serge POLIAKOFF (1900-1969)

Composition abstraite 56-84, 1956
Huile sur panneau, signée en bas à droite, contresignée, située Paris, datée 1956 au dos
97 x 130 cm 

 
 Fiche détaillée 


Dans cette Composition comme dans l’ensemble de ses œuvres, forme, couleur, matière et lumière sont indissociables. L’artiste déclarait d’ailleurs ne pas se préoccuper de la forme et ne s’attacher qu’à la construction du tableau qu’il associait à une question d’architecture, une occupation de l’espace. De leur côté, couleur, matière et lumière résultent simplement du jeu de transparences qu’offre la superposition des couches picturales. Une attitude et une manière qui confèrent au tableau une profonde unité, laquelle s’accorde avec la spiritualité de sa démarche artistique.

Autour de 1950, Serge Poliakoff parvient à l’expression pleine de son art, édifiant des architectures équilibrées, et comme constituées de volumes qui s’interpénètrent. Une démarche que le critique Julien Alvard, en 1956, dans la revue XXe Siècle, a pu qualifier avec justesse d’ « avènement d’une monumentalité» dans l’œuvre de l’artiste. L’année 1956 est en effet un millésime faste pour l’artiste, où son travail enfin reconnu se voit récompensé par toute une série d’hommages.