Pierre Drieu la Rochelle en premiers jets
Publié par la Gazette Drouot
Riche de ses manuscrits et tapuscrits corrigés – témoignagnes du processus d’écriture –, l’ensemble conservé rencontrait l’intérêt des bibliophiles.
Nul ne peut contester le grand talent littéraire de Pierre Drieu la Rochelle, bien que son rôle actif dans la collaboration l’ait entaché de manière indélébile. Les archives conservées par sa belle-sœur Brigitte, décédée en juin dernier, venaient le rappe- ler, à commencer par le manuscrit autographe complet de son roman le plus connu, Le Feu follet. Paru chez Gallimard en 1931, porté au cinéma par Louis Malle en 1963, promis à la plus haute marche de cette vente (voir Gazette no 44, page 59), le texte a obtenu 51 200 €. Lorsqu’en 2012 la Pléiade a décidé de publier ses écrits, il a été jugé indispensable d’y inclure celui-ci, de même que La Comédie de Charleroi (1934), un recueil de nouvelles, ou encore Gilles (1939), dont le tapuscrit corrigé et quasiment complet était ici lu à 19 200 €. L’ensemble manuscrit des trois parties de Blèche, roman d’abord paru dans la Revue de France en 1928 sous le titre de Boucles, partait à 11 520 €. Par leurs nombreuses ratures, biffures et autres corrections, tous ces documents originaux font état d’un auteur toujours à la tâche, insatisfait et en quête constante d’amélioration. Son travail de réécriture y est partout prégnant.