L’art de l’illusion
Publié par la Gazette Drouot
Jamais présenté au public depuis son achat dans une galerie new-yorkaise, il y a bien longtemps, ce tableau de Victor Vasarely, de 1970 , illustre la passion de l’artiste pour les galaxies et autres démultiplications.
Prenez tout d’abord son format : un carré parfait, 200 x 200 cm. Puis sa palette, douce et très lisible, allant de l’outremer au jaune d’or en passant par les bleus azur et horizon. Un choix logique quand on sait l’intérêt que Vasarely – fondateur de l’art optique à la fin des années 1930 – porte à tout ce qui touche à l’univers. Appartenant à la série « Pal », cette œuvre est typique du style seventies de l’artiste. Jouant sur la déformation des lignes, il définit des « structures universelles » auxquelles il fait subir des gonflements, carrés et cercles s’échappant du plan pour créer de spectaculaires volumes, s’animant sous nos yeux. Une façon pour lui d’évoquer l’univers insaisissable des galaxies, les pulsations cosmiques. Vasarely serait-il l’inventeur de la 3D ? À chacun sa perception de l’espace... Ce tableau est un parfait trompe-l’œil et répond à ce qu’il entendait de la fonction de l’art : démocratique, compréhensible par tous et basé sur l’expérience sensorielle. En 1972, Vasarely, qui se destinait à la profession de médecin en Hongrie mais préféra se lancer dans une carrière artistique – il était fasciné par le Bauhaus –, crée avec la collaboration de son fils Yvaral, le logo de la marque Renault, qui souhaite dépoussiérer son image. Ils conservent la forme du triangle, mais lui insufflent du dynamisme. La Renault 5 sera la première voiture à arborer ce nouveau losange qui perdurera jusqu’en 1992. L’art est partout...
Victor Vasarely (1906-1997)
Pal Or, 1970
Acrylique sur toile, 200 x 200 cm.
Estimation : 120 000/150 000 €