Lames immortelles


Publié par la Gazette Drouot

De l’uniforme à l’objet d’art, l’épée d’académicien a plusieurs vies.

Attribut militaire par excellence, signe distinctif de l’Ancien régime, le port de l’épée est prohibé par la Révolution. L’Empire le rétablit et ce au moment même où les membres de l’Académie manifestent le désir d’avoir un signe distinctif. Cependant, la décision de l’Institut du 27 juillet 1800, qui instaure le principe du costume, ne mentionne pas d’épée. Devenue arme d’apparat pour les civils comme pour les fonctionnaires, celle de cour gagne peu à peu le cénacle des Académies et en parallèle, devient un objet éminemment personnel, bien au-delà des modèles établis. On voit alors cohabiter dans l’enceinte séculaire les épées anciennes, celles d’uniforme et les originales, pour lesquelles les plus grands artistes et les maisons joaillières sont sollicités. Cette fois-ci, il n’est plus question d’autorité mais de symbole d’une personnalité. 

« L’épée d’académicien ne fut pas conçue comme une arme mais comme le portrait de celui qui l’arbore. »
Arnaud d’Hauterives

Adjugé 136 960 €
Début XIXe siècle. 
Épée d’académicien de François-Antoine Boissy d’Anglas (1756-1826), monture en argent ciselé, fuséeà plaques de nacre.
L. 99,5 cm.

Hôtel Drouot, 4 février 2022.
Tessier & Sarrou et Associés OVV. M. Dey.