Hommage à la faïence nivernaise
Publié par la Gazette Drouot
Les spécialistes ne manquaient pas la dispersion de la collection Rougerie, et ses pièces phares produites vers 1670.
Cette vente généraliste était marquée par la dispersion des faïences de Nevers collectionnées par le docteur Rougerie (voir Gazette no 19, page 48). Triplant son estimation à 13 000 €, ce vase réalisé vers 1660-1680, à la forme et aux anses torsadées caractéristiques, est dit « jasmin ». Ce modèle pour jardin était garni de fleurs et placé le long des parterres, comme en témoignent les illustrations versaillaises d'alors, ainsi que les tessons retrouvés dans le parc du château. Pas de décor historié ici – contrairement au modèle de même époque conservé au Louvre et orné de chinoiseries –, mais une ornementation inventée à Nevers et dite « à la bougie » : un fond bleu moucheté de blanc. Se détachant telle une dentelle immaculée sur le fond azur, les rameaux fleuris animés d'oiseaux d'un plat rond d'apparat (diam. 44 cm) séduisaient à 11 700 €. Un montant similaire était requis pour une plaque rectangulaire (41 x 35 cm) à bord arrondi et décor polychrome, représentant le visage du Christ portant la couronne d'épines. Il a été inspiré par Le Christ au roseau dit aussi Ecce homo peint par Guido Reni (1575-1642) vers 1636 – conservé au Louvre –, et diffusé par la gravure. Formant une paire de bustes polychromes dits « à la palette », Renaud et Armide (h. 36 cm chaque) étaient salués à 7 540 €.
Hors collection et tout aussi décoratif, un vase Médicis (h. 43 cm) en spath fluor améthyste dit « blue-John », taillé dans le Derbyshire (Angleterre) vers 1820-1830, changeait d'intérieur pour 15 600 €.
VENDREDI 22 MAI, SALLE 2 - HÔTEL DROUOT.
TESSIER & SARROU ET ASSOCIÉS OVV. M. VANDERMEERSCH.
NEVERS
Vase «jasmin» muni d'anses torsadées à décor en blanc sur fond bleu dit « à la bougie ».
Circa 1660-1680
Hauteur. 27 cm Diamètre. 40 cm
Adjugé : 13 000 €