La noblesse des gueux
Publié par la Gazette Drouot
Depuis que Callot leur a dessiné une dignité, nombre d’artistes se sont emparés de leur silhouette.
Georges de La Tour (1593-1652) a livré tout au long de sa carrière des représentations de pauvres et de marginaux, portant sur eux un regard réaliste et sans concession. L’exposition du musée Jacquemart-André permet de les redécouvrir et de se pencher sur un sujet qui a connu une longue généalogie dans l’art occidental. Le mot
« gueux » apparaît au XIVe siècle. Il habite aussitôt les livres d’heures et les tableaux primitifs, avant que le XVIIe ne lui offre une vie propre, en peinture comme en
sculpture. Puis au siècle suivant, c’est l’Allemand Simon Tröger (1693-1768) qui imagine des statuettes associant buis et ivoire. Ces sculptures de format intime, traitées avec une retenue empreinte de dignité, étaient particulièrement recherchées par les amateurs éclairés. Elles s’inscrivaient dans un contexte de méditation morale.
Au XIXe siècle, la mendicité était encore regardée comme un fait normal de société.
Adjugé 4 864 €
Attribué à Cointre
Sujet en ivoire finement sculpté représentant un gueux en haillons à la manière de Callot.
Dieppe, XVIIIe siècle.
H. 14,5 cm.
Paris, 20 novembre 2020.
Tessier & Sarrou et Associés OVV. M. Commenges.