Nicolas GARCIA URIBURU


Né à Buenos Aires en 1937, Nicolás García Uriburu fut un artiste plasticien, architecte paysagiste et militant écologiste argentin. Il est reconnu pour ses interventions de “land art” visant à sensibiliser le public aux enjeux environnementaux, notamment la pollution de l’eau. En 1968, lors de la Biennale de Venise, il teignit le Grand Canal en vert à l’aide de fluorescéine, une action qu’il reproduisit ensuite dans d’autres villes comme Paris et New York. Ces performances artistiques visaient à alerter sur la dégradation des écosystèmes aquatiques.

Outre ses actions environnementales, García Uriburu réalisa des œuvres dénonçant les antagonismes entre la nature et la civilisation, telles que “Unión de Latinoamérica por los ríos” et “No a las fronteras políticas”. Il collabora également avec l’artiste allemand Joseph Beuys lors de la Documenta 7 à Kassel en 1982, où ils participèrent au projet de plantation de 7 000 chênes. En 1968, García Uriburu présente à la Galerie Iris Clert, située au 3 rue des Beaux- Arts à Paris, une installation audacieuse : un jardin artificiel réalisé en acrylique. Cette œuvre, bien que de nature conceptuelle, s’inscrit dans une démarche d’activisme environnemental, anticipant les performances écologiques majeures de l’artiste, telles que la coloration du Grand Canal de Venise avec de la fluorescéine lors de la Biennale de 1968.
Cette exposition marque une transition significative dans le travail de García Uriburu, le faisant passer d’une esthétique influencée par le Pop Art à une approche plus conceptuelle et militante. Le choix de la Galerie Iris Clert, connue
pour son soutien aux avant-gardes et aux artistes expérimentaux, a offert à Uriburu une plateforme idéale pour explorer et présenter ses préoccupations écologiques à un public international.
Nicolás García Uriburu a exploré des éléments esthétiques proches du Pop Art dans certaines de ses œuvres, notamment au début de sa carrière. Par exemple, sa sculpture The Three Graces, qui lui a valu le Grand Prix au Salon National des Arts Plastiques en 1968, présente des caractéristiques associées au Pop Art, telles que des couleurs vives et des formes stylisées.
Cependant, son travail s’est rapidement orienté vers une démarche plus engagée, notamment à travers des actions artistiques visant à sensibiliser le public aux enjeux environnementaux. Ainsi, bien que certaines de ses œuvres présentent des similitudes esthétiques avec le Pop Art, l’objectif de García Uriburu était davantage de critiquer la société de consommation et de promouvoir une conscience écologique. Cette approche le distingue des artistes Pop Art traditionnels, qui mettaient souvent en avant la culture populaire sans nécessairement adopter une posture critique.


Nicolas GARCIA URIBURU (1937-2016) Victoria Golona, 1968
Huile sur toile, signée deux fois sur le châssis
146 x 114 cm
30 000 / 50 000 €

Provenance :
- Galeria RUBBERS Buenos-Aires.
- Ancienne Collection Yves Saint-Laurent. Paris. - Ancienne Collection Ruben Torres. Paris.
- Collection privée Paris.