LES TSUBAS NE BAISSENT PAS LA GARDE


Publié par la Gazette Drouot

Six mois après la dispersion de la première partie de la collection de Patrick Liebermann, ce second opus propose plus de 250 tsubas, pour l’essentiel de l’époque Edo.

Un bel hommage à Patrick Liebermann (1948-2023), qui découvrit ces objets typiquement nippons que sont les tsubas à l’occasion de son premier voyage au pays du Soleil-Levant en 1970. Passionné, il se lance dans une collection qu’il n’aura de cesse d’enrichir durant cinq décennies, sur place ou en salle des ventes. Plus que leur époque, ce sont les décors qu’il privilégiait. Et en amoureux de la nature, il s’est particulièrement intéressé aux motifs animaliers ou floraux, et aux paysages. Ainsi de ce maru gata (tsuba de forme ronde), ajouré d’un portail au bord de l’eau sous la pleine lune, une barrière qui symbolise le sanctuaire Nonomiya, à Kyoto. À l’époque de Heian (794-1185), les princesses impériales choisies pour devenir les représentantes de la famille au sanctuaire d’Ise y séjournaient durant un an pour se purifier. Un peu plus loin, un nagamaru gata (ovale) d’époque XIXe, en fer ciselé et cuivre doré, met en scène un tigre dans les bambous sur une face et un dragon au-dessus des nuages sur l’autre (1 000 / 1 500 €), un mokko gata (quadrilobé, même époque) rend hommage aux douze animaux du zodiaque (600 / 800 €), un autre est stylisé de deux chiots affrontés (300 / 400 €), le plus attendu étant probablement un modèle incrusté d’or et d’argent figurant une mante religieuse, une abeille, une sauterelle et un criquet parmi les fleurs (1 500 / 2 000 €). Un univers en miniature...


Japon, début de l’époque Edo (1603-1868).
Maru gata en fer ajouré en yo-sukashi d’un portail au bord d’un cours d’eau sous la pleine lune.
H. 8,5 cm. 
Estimation : 800 / 1 000 €

JEUDI 3 AVRIL, SALLE 11 – HÔTEL DROUOT.
TESSIER & SARROU ET ASSOCIÉS OVV.
CABINET PORTIER ET ASSOCIÉS.