Giovanni BOLDINI


Giovanni BOLDINI (1842-1931)
Étude de main
Huile sur panneau, signée en bas à droite.
Cadre en bois et stuc doré à décor de feuilles d'acanthe 25 x 25 cm
8 000 / 12 000 €

Installé à Londres à partir de 1871, le peintre pose ses valises à Paris, le temps d’un bref séjour. Piqué par la frénésie de la capitale, il ne la quittera plus ! Boldini a du flair, et la vie de bohème ne l’intéresse guère. Il abandonne pour un temps ses portraits mondains pour embrasser un style radicalement différent, dit « à la mode » : des peintures de genre minuscules, parfaitement anachroniques, où l’on peine à déceler la touche enlevée qui fera la renommée de l’Italien.
Cafés, théâtres, percées haussmanniennes fourmillantes de fiacres et de passants... Il dépeint Paris pris dans un irrésistible élan de modernité. Admirateur des expériences d’Edward Muybridge sur la décomposition du mouvement, son regard se fait presque cinématographique. Pour donner l’illusion de vitesse, Boldini multiplie les points de fuite, use de cadrages audacieux, dédouble les formes... À tel point que son pinceau semble parfois précipité, voire incontrôlable, Boldini se fait toujours plus énergique, mais surtout plus expérimental. À tel point qu’un certain Guillaume Apollinaire décèlera dans cette palette impétueuse des accents futuristes ! Lorsque ses clients ne défilent pas dans son atelier, il s’adonne à une peinture pure qui, parfois, confine à l’abstraction. Défiant les conventions, il s’essaie à tous les styles, de la nature morte au paysage... Une production étonnante, éprise de liberté et qu’il gardera pourtant secrète. Car,
à partir de 1890, Boldini décidera de ne plus montrer au public que ses portraits mondains. Il se fait ainsi le génial chroniqueur de la haute société fin-de-siècle décadente et frivole.
Tout inspire Boldini qui se prête volontiers à l'expérimentation picturale : dans ses portraits de femmes, il n'hésite pas à allonger les bras et surtout les mains.
Ces mains deviennent un élément prépondérant dans ses œuvres : elles dirigent le regard, orientent le sujet, définissent l'attitude du modèle.
Ces fragments de réalité ou détail de l'anatomie ne semblent plus que des prétextes pour des morceaux de peinture pure.

« S’il fallait le comparer présentement à quelque jeune, je dirais qu’il avait de Giacometti la pointe, le vif, la grisaille et le mauve, qu’il préfigurait l’éclaboussement astronomique des graphismes de Georges Mathieu » Ainsi parlait Cocteau.
C’était au début des années 1960 à propos de Giovanni Boldini « peintre prestigieux que l’élégance de certains de ses modèles fit passer pour un peintre mondain ».

« Giovanni Boldini accordait une attention particulière aux mains des femmes dans ses portraits, les rendant délicates et élégantes.
Presque vivantes. Ces mains, souvent allongées et gracieuses, participaient à la sensualité subtile de ses oeuvres, exprimant une féminité raffinée et séduisante. »