Anorak Inupiak ou yup’ik, Alaska - Lot 20

Lot n° 20
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Estimation :
6000 - 8000 EUR
Anorak Inupiak ou yup’ik, Alaska - Lot 20
Anorak Inupiak ou yup’ik, Alaska Intestin de phoque, tendon Epoque présumée, fin XIXe siècle Provenance : - Collection privée, Danemark - Collection David Utzon-Franck, Danemark Les communautés autochtones situées dans le Nord circumpolaire utilisaient la membrane intestinale de mammifères marins comme le phoque ou le morse. En plus d’être imperméables, ils étaient légers – certains pesant aussi peu que 85 grammes – et ils étaient portés par-dessus des manteaux chauds comme des parkas de fourrure. Ils étaient principalement utilisés par les chasseurs afin de se tenir au sec lors de la chasse en kayak. Toutefois, des versions de ces vêtements étaient parfois portées lors de cérémonies ou de rituels de guérison chamaniques. Articles de grande valeur, les anoraks d’intestin ont très tôt été échangés avec les marins européens et russes. Celui-ci, très ancien, provient d’une communauté yup’ik. Il est formé de bandes de membrane d’intestin grêle de phoque barbu, cousues ensemble à l’horizontale. À l’aide de tendons ou de fibres végétales, les bandes sont agencées ensemble afin de réaliser le vêtement. Pour assurer une protection contre le vent et la pluie, il n’y a pas d’ouverture frontale, seulement une encolure haute et un capuchon qui peut être refermé autour du visage. Les épaules sont assez amples afin de faciliter les mouvements durant la chasse. Une bande de peau de phoque épilée a été cousue autour de l’ourlet afin d’apporter une certaine structure et une rigidité à la portion inférieure du vêtement. La membrane était nettoyée et traitée afin de retirer les couches extérieures et intérieures pour ne conserver que la couche centrale. Celle-ci a des propriétés spéciales convenant parfaitement à un vêtement étanche : elle est imperméable à l’humidité d’un côté et absorbe l’humidité de l’autre. Durant la confection du parka, la membrane était donc orientée de la même façon que dans le corps de l’animal, la surface imperméable étant du côté extérieur du vêtement. Cela permettait à la vapeur de s’échapper par les pores tout en gardant la personne au sec (Issenman, 1997, p. 73). Les bandes de membrane ont été cousues ensemble en utilisant un type de point imperméable. Pour ce faire, chaque côté de la couture a été plié vers l’intérieur, créant quatre couches à travers lesquelles deux rangées de points entrelacés ont été cousues. Outre l’aspect fonctionnel de la couture, le point résultant apporte un élément décoratif à un vêtement autrement dépouillé de tout ornement. Cet exemplaire exceptionnel témoigne d’un très long usage in-situ, comme en témoigne sa belle patine d’usage, les réparations indigènes et les taches de sang témoignant de nombreuses chasses aux harpons sur la banquise.
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