Hubert ROBERT (1733-1808) - Lot 96

Lot n° 96
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Hubert ROBERT (1733-1808) - Lot 96
Hubert ROBERT (1733-1808) Bergers et promeneurs dans les ruines de la via Appia, près du mausolée de Cecilia Metella Plume et lavis gris sur trait de pierre noire sur papier 31,5 x 45 cm (Filigrane : fleur de lys dans un cercle avec couronne fermée) Provenance : - Vente Drouot Estimations, 13 juin 2014, lot 20, comme "attribué à Hubert Robert". - Collection privée, Paris, France. Notre dessin caractéristique du travail de lavis très aérien d'Hubert Robert date vraisemblablement de son séjour romain (1754-1765) et explique parfaitement son surnom de "Robert des Ruines". Le tombeau de Cecilia Metella, érigé vers la fin du Ier siècle av. J.-C. le long de la monumentale Via Appia à Rome, constitue l’un des plus imposants mausolées funéraires de l’aristocratie tardo-républicaine. Attribué à la fille de Quintus Caecilius Metellus Creticus et probablement épouse de Marcus Licinius Crassus, l’édifice se présente sous la forme d’un puissant tambour cylindrique en béton revêtu de travertin, reposant sur un socle quadrangulaire et jadis surmonté d’un tumulus de terre, suivant une typologie funéraire inspirée des traditions hellénistiques. Son inscription dédicatoire — *CAECILIAE Q. CRETICI F. METELLAE CRASSI* — rappelle explicitement les alliances familiales de l’une des plus influentes gentes de la République finissante, tandis que la frise ornée de bucranes et de guirlandes renvoie au vocabulaire symbolique du sacrifice et de la mémoire aristocratique. Transformé au XIIIe siècle en forteresse par la puissante famille Caetani, le monument témoigne ainsi, par la superposition de ses usages, de la continuité stratégique et symbolique de la voie consulaire la plus célèbre de la Rome antique. Ce mausolée fit une belle impression à l'artiste car il produisit, dans les années 1760, un tableau de composition quasi identique, anciennement dans la collection des princes Naryshkin, saisi à la Révolution Bolchevique, et aujourd'hui conservé à Saint-Petersbourg (64х111,8 см, musée de l'Ermitage, inv. ГЭ-5650). On connaît également deux études à la sanguine, l'un, daté de 1758-1759, conservé au musée des Beaux-Arts de Rouen[3] (fig. 2), présente le même raccourci et la présence de cavaliers que la composition du tableau (inv. 964.4.1); et l'autre dans une collection particulière (anciennement Galerie Drawing Online, Paris, janvier 2026). Enfin, dans les dessins de la collection de Pierre-Adrien Pâris (1745-1819), compagnon romain de Robert, on trouve une soigneuse étude de "la partie supérieure du tombeau" (Besançon, Musée d'Art et d'Archéologie, inv. Vol. 454, n° 52), attestant de l'intérêt de deux amis pour le monument.
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