CHINE - Epoque QIANLONG (1736 - 1795) - Lot 111

Lot 111
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Estimation :
100000 - 150000 EUR
CHINE - Epoque QIANLONG (1736 - 1795) - Lot 111
CHINE - Epoque QIANLONG (1736 - 1795) Vase composé de cinq vases carrés accolés (wulianping) en porcelaine à couverte céladon à décor émaillé or de fleurs de lotus et rinceaux entourées de noeuds sans fin et surmontées de chauve-souris de face et d'une frise de ruyi, les cols ornés de fleurs et rinceaux. (Petit éclat restauré, une fêlure de cuisson entre le vase central et l'un des petits vases). Au revers, la marque à six caractères de Qianlong en zhuanshu en émail or. H. du grand vase 20 cm. H. des petits vases 15 cm. Provenance : collection particulière française Ce vase en porcelaine à couverte céladon à cinq cols, marqué « Da Qing Qianlong nian zhi », s'intègre dans un paysage artistique et technique d'innovations impériales sous Qianlong (1736-1795). Cette période se caractérise par une recherche de perfection technique et par un goût prononcé pour les formes archaïsantes ou complexes, encouragé directement par l'empereur. Les artisans impériaux réalisent alors des objets virtuoses, dont les vases à cinq ou six cols constituent un groupe restreint. La forme wulianpíng - faite d'un vase central entouré de quatre petits vases solidaires - appartient à cette famille. Cette forme - qui évoque les vases à six cols (liukongpíng) - témoigne d'un haut degré de maîtrise : les artisans de la manufacture impériale ont su façonner plusieurs corps liés lors d'une même cuisson, sans que les cols ne se soudent entre eux. Les formes multi-cols s'inscrivent dans la longue tradition des récipients de forme dite lianping (联瓶), héritières d'une tradition ancienne de jarres existant déjà à l'époque Han (206 av. notre ère - 220). On en trouve ainsi un exemple daté de la période Han au musée de Huangyan, prenant la forme d'une jarre à cinq cols, un central plus large entouré de quatre cols plus petits, à couverte olive. Le modèle persiste sous les Song (906-1279), époque qui nous livre un exemple conservé au Smithsonian Museum (accession n° F2016.1a-d), dont le col principal est cette fois couvert d'un couvercle à prise en forme de chien. Sous Yongzheng (1723-1736) se développe une forme similaire, mais plutôt que plusieurs cols, le vase présente désormais plusieurs corps. Ceux-ci sont reliés entre eux, mais les contenus ne communiquent pas. Un exemple de cette période est publié dans Liu Liang-yu, Ch'ing Official and Popular Wares, A Survey of Chinese Ceramic, Taipei, 1991, p.133. Il s'agit d'un vase composé de quatre bouteilles tronconiques à lèvre plate émaillées bleu craquelé, disposées en carré et soudées entre elles. Notre modèle de vase quintuple, constitué de cinq bouteilles quadrangulaires disposées en quinconce, celle du centre plus haute et ample, est une étape franchie dans la prouesse technique : la plupart de ces vases joints sont de section ronde, la forme quadrangulaire, faites de plaques jointes entre elles imposant une fragilité nouvelle durant la cuisson. Un vase de forme exactement similaire conservé au Musée National à Pékin, a été publié dans le catalogue d'exposition La Splendeur du Feu, Chefs d'oeuvre de la porcelaine chinoise de Jingdezhen, du XIIe au XVIIIe siècle, Centre Culturel de Chine à Paris, 2004, p. 140-141. Cet exemplaire est orné d'une couverte poudre de thé tandis que le nôtre est couvert d'une couverte céladon à décor émaillé or (miao jin). Les émaux précieux sur porcelaines monochromes sont un témoignage de la sophistication technique des ateliers Qing, puisque leur cuisson nécessitait un contrôle très précis de la température. La délicatesse de la teinte contraste avec la brillance de l'ornementation, donnant un sentiment de grand raffinement. L'ajout de dorure sur un fond céladon apporte non seulement un contraste visuel, mais aussi une connotation symbolique évoquant la richesse et la puissance impériale, tandis que le céladon rappelle la pureté et le jade, deux matériaux caractérisés par leur imputrescibilité, évoquant par extension l'éternité. Ainsi, notre vase s'inscrivant dans une légation historique formelle, la sublime grâce à sa forme et son décor raffiné, témoignant à la fois d'un savoir-faire technique avancé et d'une ambition symbolique propre à la cour de Qianlong (1736-1795) et incarne l'élan Qing, mêlant innovation formelle, référence historique et luxe matériel.
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