Saint Joseph en buste et l'Enfant Jésus en cire polychromée, - Lot 141

Lot 141
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Saint Joseph en buste et l'Enfant Jésus en cire polychromée, - Lot 141
Saint Joseph en buste et l'Enfant Jésus en cire polychromée, yeux en verre. Joseph est positionné de face, tournant la tête vers l'Enfant, offrant son profil gauche. Il porte l'Enfant nu contre sa poitrine, qui dans un geste de tendresse passe un bras sur la nuque de son père. Saint Joseph arbore une longue chevelure aux mèches ondulées, il est vêtu d'une tunique et d'un manteau dont un pan revient sur le devant formant des plis ondulés. À la partie inférieure, le buste du saint émerge d'une nuée avec trois têtes d'angelots. École Italienne, Bologne, entourage d'Angelo Pio (1690-1769), premier tiers du XVIIIe siècle H. 67 cm H. totale : 78 cm L. 60 cm (petits manques, fissures et accidents) Sur une base en résineux avec inscriptions ERZEIGE DICH EIN VATTER ZV SEIN (sois reconnaissant d'être père) Ce qui retient l'attention en regardant ce saint Joseph est d'abord le sujet lui-même. Après avoir été bien peu représenté dans l'iconographie du Moyen Âge, ou mis au second rang par rapport à la Vierge Marie, l'iconographie de saint Joseph va être renouvelée au moment de la Contre-Réforme. Avant cela, et dès le début du XVe siècle, des reliques du saint apparaissent, notamment l'anneau en onyx des fiançailles avec Marie, mais également son bâton conservé dans l'église des Camaldules à Florence. Puis, à la fin du XVe siècle, la fête de saint Joseph est introduite par le pape Sixte IV au calendrier liturgique romain. Mais c'est au moment du Concile de Trente, où il est apparu aux Père conciliaires qu'il fallait aussi insister sur la nature humaine du Christ en figurant son adoption filiale par saint Joseph. Il peut donc tout à fait être représenté dans son rôle paternel ce que le XVIIe siècle va largement répandre. Cette iconographie, qui redonne à saint Joseph une place importante s'appuie ici sur les représentations « triangulaires » des Vierges à l'Enfant en terre cuite émaillée particulièrement répandues par les ateliers des della Robia en Toscane. L'auteur de cette sculpture s'inspire de cette figuration en buste connue et populaire des Vierges de tendresse pour appliquer les mêmes sentiments à saint Joseph vis à vis de l'Enfant Jésus. Cette « filiation » invite donc à rechercher un sculpteur exerçant en Toscane ou dans le nord de l'Italie. Deux noms peuvent être évoqués : Gaetano Giulio Zumbo (Syracuse 1656 - Paris 1701) ou Angelo Pio (Bologne, 1690-1769). Zumbo est un artiste reconnu aujourd'hui pour ses cires anatomiques. Il est appelé par le grand duc de Toscane pour lequel il va réaliser la Corrusione (La Putréfaction) qui représente en cire colorée, cinq figures de la décomposition des corps. Ces sculptures sont conservées aujourd'hui au musée de la Specola de Florence. Mais le sculpteur le plus approchant est sans doute le bolonais Angelo Pio. Pio va principalement travailler le stuc et la terre cuite dans le style Rococo de l'Emilie-Romagne. Il s'applique dés 1721 à produire des personnages de crèche comme en témoigne le couple de paysans du Musée Davia Bargellini. Les oeuvres en cire de Bologne lui étaient presque systématiquement attribuées par les historiens de l'art (Mostra dell Settecento Bolognese, 1935, pp 144). Il réalise en cire le buste posthume de Carlo Francesco Dotti en 1746. L'oeuvre avec laquelle il est possible de comparer ce buste de saint Joseph est une Sainte famille conservée dans l'église Santi Vitale e Agricola de Bologne (fig). Plusieurs indices permettent de rapprocher les deux oeuvres : les yeux en verre, que l'on retrouve également dans les personnages de crèche, les mains aux doigts pliés pour certains marquant une tension, le physique relativement juvénile de saint Joseph (qui sera représenté plus vieillissant vers la fin du XVIIIe siècle) et le naturalisme fortement exprimé dans le rendu de la peau et le modelé des veines. C'est une grande chance de voir sur le marché de l'art une sculpture de cire provenant d'ateliers italiens renommés. Elle a été achetée dés le XVIIIe siècle par un commanditaire de langue allemande qui a placé sur le support une prière très originale interrogeant la paternité des fidèles. Ouvrages consultés : - Diehl Johanna, Goldmann Barbara, Rainer Paulus et Schlegel Konrad, Wachs in seinen Händen, Daniel Neubergers Kunst der Täuschung, exposition au Kunsthistorisches Museum de Vienne du 11 février au 30 juin 2025, Kunst Historisches Museum, 2025. - Papoff Pietro Piraino, Ceroplastica, Percorso storico e fotografico di un'arte antica, Navarro Editore, Marsala, 2011 - Schlosser Julius von, Histoire du portrait en cire, Macula, Paris, 1997
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