TRAVAIL SINO-TIBETAIN - Epoque QIANLONG (1736-1795) - Lot 119

Lot n° 119
Aller au lot
Estimation :
20000 - 30000 EUR
Résultats avec frais
Résultat : 188 500EUR
TRAVAIL SINO-TIBETAIN - Epoque QIANLONG (1736-1795) - Lot 119
TRAVAIL SINO-TIBETAIN - Epoque QIANLONG (1736-1795) Autel portatif en bronze et cuivre doré, décoré d'incrustations de rubis et calcédoine, d'émail, de granulé et de filigrane, représentant le stupa Swayambhunath de Katmandou. Le sanctuaire est reconnaissable à sa localisation au sommet d'une colline coupée d'un escalier pentu, entre deux templions à shikara et à la présence de singes. Gardé par deux moines le stupa au haut parasol (chhattri) fait face à un vajra monumental et est honoré par deux vidyadharas. Tout autour se déploie une végétation de rinceaux luxuriants incrustés de cabochons et d'émail vert. Le fond est ciselé de nuées. (Petits enfoncements, oxydations, sautes d'émail, une branche détachée). Au revers est ciselé une représentation de Mahakala Panjarnata (protecteur de la tente) surmontant la marque Qianlong en zhuanshu. Dim. 43,4 x 37,2 cm Références : Cet autel portatif en bronze et cuivre doré représente le stupa de Swayambhunath, site emblématique de la vallée de Katmandou et symbole majeur de la foi bouddhique. Le stupa, surnommé le “Monkey Temple”, en raison de la forte présence de singes sur le site, se dresse au sommet d’une colline à l’ouest de la ville, accessible par un escalier pentu. Il est entouré de deux templions à shikara (toitures en pain de sucre), autant de repères qui permettent ici son identification aisée. Il constitue un des lieux de pèlerinage majeurs du monde bouddhisé. Ce site, fondé selon les légendes par l’empereur Ashoka ou, selon le texte cosmologique du XIVe siècle, le Gopālarājavamśāvalī, par des rois Licchavi au Ve siècle de notre ère, a fait l’objet d’une attention toute particulière de la part du monde bouddhiste, connaissant des campagnes de restaurations régulières mécénées ou dirigées par des souverains ou des autorités religieuses de différents pays bouddhisés. Le stupa de Swayambhu connut ainsi au XVIIIe siècle plusieurs campagnes de restauration menées pour remettre le site en état et renouveler sa consécration. Parmi les figures notables, Katok Rigdzin Tsewang Norbu (1698–1755), un lama de la tradition Nyingma originaire de l’U-Tsang au Tibet, a joué un rôle clé dans ces rénovationsi, menant ces campagnes sous l’injonction de visions divines. Bien que les empereurs Qing, aient été plus proches de la tradition Gelugpa, leur assurant un pouvoir politique au Tibet, ces campagnes de restaurations successives et menées à grand bruit par les autorités religieuses tibétaines ont pu réveiller un intérêt nouveau de l’empereur Qianlong pour ce site majeur du Népal. Cet autel portant la marque Qianlong peut en être un signe. La production de stupas miniatures, petits objets de dévotion, néanmoins d’un grand luxe, est assez fréquente pendant le règne de Qianlongii, mais il ne semble pas qu’une autre représentation du stupa de Swayambhunath soit connue. L'autel se présente comme un subtil assemblage d'influences artistiques et spirituelles. L'objet évoque à la fois ces stupas miniatures chinois et les mandalas votifs néwares, réalisés en bronze doré en trois dimensions. Si le stupa choisi évoque le bouddhisme népalais, il adopte néanmoins ici une forme tibétaine: le dôme (anda), traditionnellement sphérique, y est transformé en une forme plus ovoïde, caractéristique des chörten tibétains. Les techniques employées, telles que le filigrane d'or et l'émail, sont quant à elles typiquement chinoises. Témoignage éloquent d'une époque marquée par de profonds échanges culturels et spirituels entre la Chine et le monde himalayen — coeur du bouddhisme au XVIIIe siècle — cet autel incarne une synthèse raffinée de symboles et de savoir-faire. i Ehrhard, Franz-Karl. “A Renovation of Svayambhūnāth-Stupa in the 18th Century and its History (according to Tibetan sources).” In Ancient Nepal - Journal of the Department of Archaeology, Number 114, October–November 1989, 1-8. ii The Complete Collection of Treasures of the Palace Museum. Bamboo, Wood, Ivory and Rhinoceros horn Carvings, Beijing, 2002, N°171 à 178, pp. 188 - 199
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de vente
Retourner au catalogue