HERGÉ (1907-1983)

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HERGÉ (1907-1983)
Tintin - L'Oreille cassée Encre de Chine sur papier pour la page 46 de l'édition originale couleurs de l'album parue en 1943 aux éditions Casterman. Hergé a redécoupé et retravaillé la planche de la version en noir & blanc pour le passage à la version en couleurs. Les textes des bulles notamment, en partie masqués par de la Gouache blanche, laissent entrevoir les dialogues originaux avec leur lettrage particulier. Cette oeuvre, tout à fait exceptionnelle, est emblématique de l'album dont elle est issue, sa huitième case étant très proche de la couverture de l'album tant dans sa version noir & blanc que dans sa version en couleur. Pliures au centre, légers manques aux coins inférieurs droits et gauches et deux petits trous à coté de la pagination. 45,7 x 33 cm. Un certificat de la Fondation Hergé est joint. TINTIN CHEZ LES ARUMBAYAS Cette planche de L'Oreille cassée est exceptionnelle : selon de nombreuses sources, il s'agit en effet de l'unique planche sur le marché des 62 pages originales qui composent l'album L'Oreille cassée (dans sa version éditée en couleur par Casterman en 1943). Voilà une bonne raison de s'y intéresser, mais elle n'est pas la seule. Made in 1935-1937 Cette aventure, la sixième d'une série qui en comptera vingt-quatre, était parue en noir et blanc dans le Petit Vingtième (le supplément hebdomadaire du quotidien belge Le Vingtième Siècle) du 5 décembre 1935 au 25 février 1937. Cette parution en feuilleton avait été suivie en fin d'année 1937 de la publication de l'album dans son état d'origine : en noir et blanc, agrémenté de quatre hors-texte en couleur. Les images qui composent la moitié supérieure de la planche ici proposée étaient parues à l'origine dans le numéro 44 du Petit Vingtième, daté du 5 novembre 1936. Celles qui composent sa partie inférieure avaient été publiées dans le numéro 45 du jeudi suivant. Voulant assurément mettre en évidence ce passage, important à ses yeux, Hergé avait mis en couverture du numéro 44 une reprise (plus détaillée et publiée en bichromie) de la vignette qui montrait la pirogue passer devant un arbre mort, avec ce titre éloquent : Vers le pays des Arumbayas... On sait que c'est précisément cette composition qu'il mettra en couverture de l'album de 1937 (redessinée et mise en couleur). Et qu'il l'amplifiera encore en 1943, en la redessinant une nouvelle fois, à bords perdus, avant de la mettre en couleurs pour la couverture de l'album définitif. C'est une autre raison pour affirmer le caractère exceptionnel de cette planche. Des ajustements en 1943 En 1943, se conformant à la nouvelle norme de 62 pages qu'il avait acceptée quelques mois plus tôt, Hergé s'est employé à ramener sur une seule planche le contenu de deux planches de la version 1937. Les images qui s'étageaient auparavant sur trois strips se disposent à présent sur quatre, d'où la taille imposante des planches de la nouvelle version, dont celle-ci fait partie. Leur contenu ne change pas : Hergé se contente de disposer autrement, sur un nouveau support, les vignettes qu'il avait préalablement découpées dans ses planches d'origine. Chacune de ces cases dispose d'un supplément de quelques millimètres en hauteur, tandis qu'un très léger ajustement est parfois nécessaire en largeur. C'est ainsi que la troisième image du deuxième strip a été très légèrement rognée, de même que la première et la troisième du suivant... mais qu'en revanche la première image du dernier strip a bénéficié d'un peu plus d'espace, à droite. Au final, la planche 46 se termine ainsi sur un point de suspension intéressant : le constat par Tintin de la disparition de l'Indien qu'il avait engagé pour lui servir de guide. Pourquoi ce lavis bleu ? On observe qu'un léger bleuté recouvre certaines parties des dessins, et cela sur toute l'étendue de la planche. Ce sont des vestiges des indications apportées au pinceau en 1936 par Hergé, sur ses planches originales, pour indiquer aux photograveurs du journal les parties qui devraient comporter une trame mécanique. Car si les planches étaient publiées en noir et blanc, elles se paraient fort judicieusement de zones grises qui leur conféraient soit des accents (l'indication d'une peau bronzée, la couleur de certains vêtements ou les contrastes du feuillage...), soit des effets lumineux (l'entrée dans la pénombre, la tombée du jour...). On peut considérer aujourd'hui que ce jeu de l'aquarelle, d'origine et de la main de l'auteur, confère un surcroît de séduction aux planches qui en sont agrémentées. Une planche muette, et pour cause... Si, en 1943, la Gouache blanche a recouvert les dialogues d'origine, ce n'est pas seulement parce que des traductions étaient d'ores et déjà envisagées, nécessitant de débarrasser les planches de tout texte, bruitage compris, mais c'était aussi parce que l'auteur avait souhaité unifier les formes de ses phylactères. Désormais rectangulaires, certains comportant des coins légèrement retravaillés,
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