Pablo Picasso (1881-1973)

Lot 39
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Estimation :
100000 - 150000 EUR
Pablo Picasso (1881-1973)

Portrait de la comtesse Étienne de Beaumont, janvier 1921

Crayon sur papier, signé et daté 1944 en bas

34 x 24 cm


Cette oeuvre a été exécuté en janvier 1921. Lorsque l'artiste l'a donné à la Comtesse Étienne de Beaumont, il l'a signé et daté du 1er avril 1944.


Provenance:

- Comtesse Edith de Beaumont, Paris, cadeau de l'artiste le 1er avril 1944

- Gala de Beaumont, Paris

- Collection particulière, Milan

- Galleria Tega, Milan

- Collection particulière, Paris


Bibliographie:

- «Pablo Picasso» par Christian Zervos, volume IV «OEuvres de 1920 à 1922», Paris 1951, reproduit et décrit sous le N°274, P.96.

- «Picasso, théâtre» par Douglas Cooper, Paris 1967, reproduit page 351 sous le N°325.

- «Picasso's Paintings, Watercolors, Drawings, Sculpture, Neoclassicim I, 1920-1921, The Picasso Project, San Francisco 1995, reproduit et décrit sous le N°21-034, P.174.


Cette oeuvre est accompagnée d'un certificat sur photo du Comité Picasso, daté 11 mai 1990.


Cette oeuvre est accompagnée d'un certificat sur photo de Maya Picasso, daté 23 mai 2008.


Cette oeuvre est enregistrée dans les archives Pablo Picasso.



La Comtesse de Beaumont

Edith de Beaumont (1877-1952) est la femme du comte Etienne de Beaumont. Ils furent d'importants mécènes de l'avant-garde au début du XXe siècle.

Lors de la Première Guerre mondiale, avec un groupe de nobles, ils fondent la «Section d'ambulances aux Armées», dont Jean Cocteau fut un des convoyeurs sur le front des Flandres.

Après la Guerre le couple vend une partie des oeuvres d'art classique dont il avait hérité pour acheter des oeuvres contemporaines de Pablo Picasso, Juan Gris et Georges Braque.

Amoureux des fêtes, ils décident de réhabiliter la tradition du grand bal à thème pour Mardi-Gras, entre autres. Ces bals sont le lieu de véritable scénographies, décors ou costumes. Picasso est proche du couple. Avec sa femme Olga, il se rend régulièrement aux bals du couple.


Picasso et Ingres

Sa vie durant, Picasso a conservé en mémoire l'exemple d'Ingres. Mieux, il l'a suivi, interprété, copié parfois, au point d'être qualifié de «véritable Monsieur Ingres»; par Jean Cocteau et de connaître une période dite «ingresque» (1917-1925).

Dès 1917, Picasso amorce un retour vers la figuration. A l'initiative de Cocteau, il travaille pour les Ballets russes et élabore des costumes et des décors. Cette activité ranime en lui la veine décorative. Dès lors, il produit des oeuvres figuratives avec un dessin élégant, qualifié «d'ingresque». Les oeuvres qui révèlent une influence de la statuaire antique ont été qualifiées de «pompéiennes».


«Si Ingres a cultivé une passion quasi exclusive pour l'oeuvre de Raphaël, Picasso, quant à lui, a regardé et s'est approprié l'art de très nombreux maîtres anciens. Entre tous, qu'il s'agisse de Cranach, du Greco, de Velazquez, de Toulouse-Lautrec, de Gauguin, de Steinlen, de Manet, ou encore de Corot, pour ne citer que les plus grands, Ingres est sans conteste celui qui influença avec le plus de permanence l'oeuvre de Picasso» explique Laurence Madeline, ancienne conservateur du musée Picasso.


«C'est en se rendant familières les inventions des autres qu'on apprend, dans l'art, à s'inventer soi-même», telle est la première leçon d'Ingres à Picasso, leçon si bien assimilée que ce dernier ne se défendra jamais d'avoir visité ses prédécesseurs, il ira d'ailleurs jusqu'à avouer «Qu'est-ce que, au fond, un peintre? C'est un collectionneur qui veut se constituer une collection en faisant lui-même les tableaux qu'il aime chez les autres?». Quel procès de plagiat dès lors pourrait-il être fait à l'un comme à l'autre? Hormis le fait que tous les peintres se sont essayé à la manière de, il faut de surcroît reconnaître à Ingres et Picasso suffisamment de talent et de génie pour avoir été au-delà de la simple observation et copie. S'ils ont tous deux emboîté attentivement le pas à ceux qu'ils admiraient, ce n'était «non pas dans le but de les réutiliser à l'envi, mais au contraire avec l'intention de les réinterpréter et de les enrichir à la manière d'un héritage que d'autres, à leur tour se chargeront de faire fructifier» plaide Laurence Madeline. En l'occurrence, l'héritage que reçoit Picasso est riche. Ingres fut un dessinateur prolifique, et un peintre fécond, commettant aussi bien de grandes machineries mythologiques comme Jupiter et Thétis, que d'abondants portraits à la mine de plomb. Les études préparatoires conservées au musée de Montauban, que Picasso visita plusieurs fois et longuement, furent pour lui une découverte saisissante de l'audace d'Ingres qui représente généralement et avant tout l'incarnation même du classicisme et de l'académisme. De ces quelque 1 200 dessins conservés, Picasso dira lui-même

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