MAN RAY (1890-1976)

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MAN RAY (1890-1976)


Ce que manque à nous tous


Argile peinte/patinée et verre soufflé irisé


Signée et titrée « Ce que manque à nous tous. Man Ray » non datée


H : 15 cm  L : 18 cm


(Quelques salissures sur le corps de la pipe, léger fêle à la base de la bulle en verre)



Les éditions de 1963 et 1973 étant numérotées ou annotées (EA, HC), on pouvait raisonnablement penser que notre exemplaire était une des pièces réalisées par Man Ray vers 1935/36 et non quantifiée à ce jour, toutefois, le comité Man Ray certifie l’œuvre comme étant réalisée vers 1970.


Cette œuvre sera incluse dans le catalogue raisonné des objets et sculptures de Man Ray en cours de préparation. 



Bibliographie :

- Arturo Schwarz, Man Ray : The Rigour of Imagination, London 1977, no. 341, p. 219, reproduction de l’exemplaire de 1936

- Man Ray : Objets de mon affection, Paris 1983, pp.143-4 n° 39, page.42

- J.-H. Martin, B. Hermann, R. Krauss et Man Ray, Man Ray, Catalogue raisonné, Sculptures et objets, Objets de mon affection, Paris, 1983, p. 143-144, no. 39 (une autre version illustrée, p. 42).

- R. Penrose, Man Ray, Londres, 1975, p. 206, no. 125 (une autre version illustrée, p. 190).


Un certificat d’authenticité sera délivré à l’acquéreur.




Selon Arturo Schwarz, marchand de Man Ray et auteur d’une monographie sur lui, le titre dérive d’une citation d’Engels, l’un des philosophes fondateurs du communisme, « Ce qui manque à tous ces messieurs c’est la dialectique » (‘ Ce qui manque à ces messieurs, c’est la dialectique ‘’), reproduite en majuscules sur la couverture du magazine du groupe surréaliste, La Révolution surréaliste (Paris, n°8, 1er décembre 1926). Le concept de l’oeuvre remonte à 1927 lorsque la Galerie surréaliste, Paris, annonça la réalisation d’éditions de cet objet et d’autres objets fantastiques par plusieurs artistes. On peut se demander si Man Ray a fait plus d’une des vingt éditions annoncées au cours de cette période, et on pense que le prototype original a été rapidement perdu. En 1935 et 1936, des exemples de cet objet emblématique surréaliste furent faits et une réplique fut incluse dans l’Exposition surréaliste d’objets tenue à la Galerie Charles Ratton, Paris, en 1936. Deux ans plus tard, Man Ray inclut une version de cet objet comme accessoire dans la perruque d’un mannequin à taille humaine, contribution qui lui fut demandée pour l’Exposition Internationale du Surréalisme de 1938 en tant qu’artiste surréaliste majeur.

D’après le catalogue, l’oeuvre était connue sous le nom de Ce qui nous manque à tous, un titre légèrement différent mais qui a le même sens. L’exposition était accompagnée d’un texte théorique du chef du mouvement surréaliste, André Breton (1896-1966), qui décrivait les nombreux types d’objets surréalistes et la manière dont ils « perturbaient et déformaient » les conceptions conventionnelles de la réalité. Dans les années 1930, l’objet surréaliste a été conçu en grande partie en termes d’une notion psychologiquement chargée du désir et à la lumière des tests poétiques des surréalistes du rôle descriptif du langage. Les objets de Man Ray, cependant, exprimaient généralement une vision plus légère et plus ludique. Cet objet a été donné vie par rien de plus substantiel que l’air et le jeu de la lumière.

sur la surface du verre irisé qui, comme un objectif photographique, peut refléter une image inversée de la réalité environnante.

Contrairement à Salvador Dalí (1904-1989), par exemple, Man Ray n’a pas exploré les racines psychanalytiques des obsessions et des

fantasmes personnels. Ses objets n’étaient pas des « objets de désir » mais plutôt, comme il le disait, des « objets d’affection ».

Les objets de Man Ray, qu’il appela “Objets de Mon Affection”, sont parmi les plus vénérés de tous les objets surréalistes.

Composé d’un objet de la vie quotidienne, cette pipe en argile a été rectifiée par Man Ray qui y ajouta une bulle en verre soufflé. La

combinaison hasardeuse de ces deux objets, possible rencontre fortuite, est un exemple de l’humour présent dans les objets surréalistes,

particulièrement ceux de Man Ray. Il crée ici l’illusion d’une pipe dégageant de la fumée représentée par la bulle. C’est l’exemple type

de l’objet surréaliste qui consistait souvent à prendre un objet de la vie quotidienne et à le transformer en changeant sa fonction. Toute

tentative d’utiliser la pipe pour sa fonction initiale devient futile, de même que faire circuler l’air à travers pour fumer est impossible.

Malgré le statut de Man Ray comme l’une des figures pionnières de l’art de l’entre-deux-guerres, ses objets ne sont pas particulièrement

connus. Ceci est en grande partie dû à sa plus grande renommée en tant que photograph

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