Philippe OBERLE (1877-1950)

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Philippe OBERLE (1877-1950)


* Rare coupe sur piédouche en argent. Fût à quatre colonnes hexagonales gravées de palmettes stylisées surmonté d'un cercle d'ivoire orné d'un pavage circulaire de lapis, turquoise et verres polis. Base cylindrique incrustée de nacre. Socle en bois noirci.


Bord de la coupelle portant l'inscription : «die stadt strassburg i e widmete Herrn Geheimen Kommerzienrat A Wacker dieses Erzeugnis ihrer kunst als Zeichen ihrer Dankbarkeit - entwarfenx ausgeführt v Ph Oberle - Strassburg».

(La ville de Strasbourg a dédié ce produit de leur art au conseil commercial de Monsieur A.Wacker en gage de leur gratitude - conçue et exécutée Ph Oberle Strasbourg)


Poinçons d'orfèvre et de titre allemand


Circa 1912-1918


H : 31,5 cm Diam. : 29 cm


(Manque probablement la petite chaînette sur la base cylindrique.)


Cette coupe est une extraordinaire tentative de synthèse des recherches picturales de Josef Hoffmann, Koloman Moser, Dagobert Peche et Mackintosh dans un équilibre très personnel de Philippe Oberlé.



JUGENDSTIL STRASBOURGEOIS

L’Ecole supérieure des arts décoratifs de STRASBOURG

Avant la guerre de 1870, Strasbourg ne comporte, en matière d’enseignement des arts, qu’une école du soir de dessin destinée aux ouvriers des industries d’art, mise en place en 1850.

Ce n’est qu’après l’annexion de l’Alsace-Moselle à l’Empire allemand que l’on voit apparaître les premiers projets de création d’une institution de formation artistique à Strasbourg.

Un événement va accélérer les choses, la création du musée des arts décoratifs de Strasbourg en 1887. Cinq ans plus tard, l’Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg voit le jour. Anton Seder, déjà connu en Allemagne pour sa participation au mouvement Art nouveau, est nommé directeur.

La construction de l’école se fait dans la mouvance du Deutscher Werkbund et mobilise différents corps de métier. Ainsi, Anton Seder dessine l’ornementions de la façade, Léon Elchinger, réalise les décors en céramique ou encore un maître-verrier réalise des vitraux pour la façade.

La construction de cette école s’inscrit dans le contexte d’émulation qui touche toute l’Europe au tournant du siècle après avoir émergé en Grande-Bretagne. L’idée est de concilier l’enseignement technique et l’enseignement artistique. Le but est d’aboutir à un art total, accessible à tous. Cet idéal n’était en rien nouveau au début du XXe siècle car il avait déjà été énoncé par les ténors du mouvement Arts & Crafts, William Morris en tête.

Philippe Oberlé, un des enseignants de l’Ecole exprime clairement cette volonté : « Cet espoir est basé sur la collaboration diligente de l’atelier et de l’école, de la pratique et de la théorie, ce qui augmentera également l’appréciation de l’artisanat parmi le public acheteur ».

L’école accueille les élèves à partir de 14 ans. Les études durent quatre ans et la formation est organisée de la façon suivante : deux années sont consacrées à l’étude de la nature, la troisième voit l’application de l’enseignement dans un métier manuel qui se concrétise par en travail en atelier en quatrième année. Quatre spécialités sont enseignées à l’Ecole, la céramique par Gustav Herborth, la menuiserie et l’ébénisterie par Karl Rapp, la serrurerie et la ferronnerie d’art par Georg Schäfer et enfin la ciselure et l’orfèvrerie d’art par Philippe Oberlé.



Philippe OBERLE, un renouveau dans la création


On connait les travaux de l'atelier d'orfèvrerie après 1900 lorsque Robert Rudolf en prend les commandes. Il y réalise notamment des coupes ou trophées qu'il dessine dans le style des pièces d'orfèvrerie du XVIe siècle.

Philippe Oberlé le remplacé en 1904.


Philippe Oberlé (1877-1950) né à Strasbourg. Il réalise ses études à Pforzheim à Munich, Bruxelles et Anvers.

A partir de 1904, il devient professeur à l'Ecole des Arts appliqués de Strasbourg qu'il quittera en 1920 pour l'Ecole d'Orfèvrerie de Pforzheim. A son arrivée, il donnera une tonalité plus moderne aux travaux des élèves, entre influences naturalistes françaises, celles de Fouquet ou Gaillard, et tendances symbolistes allemandes.

Le Jugendstil strasbourgeois est indéniablement marqué par l'Art nouveau floral issu de la tradition anglaise des Arts & Crafts, et il est certainement alimenté par les modèles de plantes cultivées dans le grand jardin de l'école. La coupe présentée ici est un parfait exemple de la production de cet atelier d'orfèvrerie, parfaitement intégré dans l'Art nouveau européen, dans ses idéaux et dans ses sources iconographiques.


Une commande de la ville de STRASBOURG

Comme l'inscription sur la coupe le précise, il s'agit d'un cadeau offert par la ville de Strasbourg afin de remercier Monsieur Alexander WACKER (1846-1922) pour ses co

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