GOETHE, Johann Wolfgang von

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GOETHE, Johann Wolfgang von


Faust, tragédie traduite en français par M. Albert Stapfer, ornée d'un portrait de l'auteur, et de dix-sept dessins composés d'après les principales scènes de l'ouvrage et exécutés sur pierre par M. Eugène Delacroix.
Paris, Charles Motte et Sautelet, 1828.
In-folio (415 x 275 mm) de (2) ff., 1 portrait, IV pp., 148 pp., 17 planches hors texte: demi-veau fauve à coins, dos à nerfs plats orné or et à froid, pièce de titre de maroquin brun, non rogné, étui (Maylander). Couverture conservée. Exemplaire sur papier de Hollande au format colombier avec les lithographies sur vélin blanc. Édition en partie originale de la traduction d'Albert Stapfer.
Premier tirage des 18 lithographies originales de Delacroix, dont le portrait de Goethe, tirées sur papier de Chine appliqué.
Remarquable suite d'estampes originales du peintre romantique par excellence témoignant d'une maîtrise inédite alors des ressources plastiques de la lithographie. Les dix-huit planches furent exécutées entre 1826 et 1827, après que le peintre ait assisté, à Londres en 1825, à une représentation théâtrale du Faust: frappé par la mise en scène, il s'ingénia à en retranscrire l'aspect fantastique dans les lithographies commandées par l'éditeur Charles Motte, lesquelles étaient à l'origine destinées à paraître sous forme d'album. Le peintre n'accepta que de mauvaise grâce qu'elles servissent à illustrer un livre; il révisa son jugement par la suite.
Exemplaire de Champollion-Figeac. Envoi de l'éditeur à Champollion-Figeac sur la couverture.
Il s'agit de la seule illustration de Delacroix pour le texte d'un contemporain.
Un manifeste romantique qui scandalisa les contemporains mais réjouit Goethe.
“Delacroix a dépassé ma propre conception pour des scènes que j'ai écrites moi-même” confessa l'auteur dans ses conversations avec Eckermann, louant “l'effet colossal” des compositions: la critique fut pourtant sévère et le livre un échec. Le peintre avait conçu son illustration comme une manière de manifeste artistique de la nouvelle école romantique, une provocation, au moment même où Victor Hugo, en préface à Cromwell (1827), sonnait la charge contre le classicisme dans les Lettres.
Les rédacteurs du catalogue de l'exposition Fantastique! récemment consacrée à l'estampe visionnaire de Goya à Redon ont souligné sa nouveauté radicale: “Véritable manifeste romantique, ces planches, qui répondent à l'idéal de liberté, de mouvement et de noirceur de la sensibilité romantique des années 1830, ont dérouté les contemporains de l'artiste et compromis tout succès commercial.”
Par là même, ce que Gordon Ray considère comme “one of the supreme illustrated books of the world”, apparaît, à bien des égards, comme le premier en date de ces “livres de peintres” qui fleuriront pendant plus d'un siècle après que Manet en eut relancé le genre en 1874.
Grâce à Delacroix, dit Yves Peyré, “le livre a reçu le don de l'image. Un livre aussi emblématique que le Faust, aussi accompli, ouvre la voie - formellement et spirituellement - au livre de dialogue.” 266 “Delacroix a dépassé ma propre conception” (Goethe).
Superbe exemplaire ayant appartenu à Champollion-Figeac
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