LA GUERRE DES MINI-PAQUEBOTS


Publié par la Gazette Drouot

Le premier conflit mondial a changé le destin de certains transatlantiques, immortalisés par les maquettes des plus fameux fabricants de jouets allemands.

Fabriqués dans les années 1920, les modèles réduits de Märklin et Bing illustrent à la fois l’âge d’or des géants des mers et celui de l’industrie allemande du jouet. Spécialiste du modélisme en tôle fine, le premier de ces fabricants est alors connu internationalement et propose ses pièces les plus intéressantes, comme en témoigne ce fleuron réalisé pour la compagnie maritime Norddeutscher Lloyd. Avec 236 m de long et une vitesse maximale de 18 nœuds (33 km/h), le modèle de cette maquette représente alors le plus grand et le plus rapide paquebot de la marine marchande du pays. Il compte en outre 1 750 cabines pour les passagers de luxe, et ceux de première, deuxième et troisième classes. Ce bateau aurait pu ne jamais voyager. Sa production a été lancée avant la Première Guerre mondiale, sous le nom de Hindenburg, conjointement à son jumeau Columbus. Après la défaite, au titre des réparations de guerre, ce dernier est remis aux Britanniques, qui le renomment RMS Homeric. Autorisés à conserver l’Hindenburg encore en chantier, les Allemands l’inaugurent en 1924, prenant leur revanche en le rebaptisant comme leur premier navire perdu, Columbus. Il naviguera essentiellement aux Antilles. Si le SS Imperator a quant à lui pu être lancé dès 1913 par la Hamburg America Line, il n’a fait naviguer son record de tonnage brut que quatorze mois sur la route transatlantique, avant d’être cédé aux Alliés après le conflit. Fabriqué vers 1923-1925, un modèle réduit de Bing (41 x 97 cm), détaillant ses équipements et doté d’un mécanisme d’horlogerie, ravivera son souvenir entre 8 000 et 10 000 €.


Märklin, maquette d’exposition du Columbus réalisé pour la Norddeutscher Lloyd en bois et laiton polychromes
vers 1920-1930
L. 105 cm.
Estimation : 10 000 / 15 000 €