LA PATTE DE GUSTAVE DORÉ
Publié par la Gazette Drouot
Les enchères s’enflammaient pour une toile de l’illustrateur virtuose figurant le Petit Chaperon rouge et le loup.
Le résultat obtenu par cette image du grand méchant loup, dissimulé sous la charlotte de mère-grand pour mieux berner le Petit Chaperon rouge, prouve à quel point elle est iconique : elle était propulsée jusqu’à 273 000 €, recueillis sur une estimation haute de 60 000. Reprenant une gravure de la nouvelle édition des Contes de Charles Perrault, publiée par Pierre-Jules Hetzel en 1862, cette toile est due au roi les illustrateurs romantiques du XIXe siècle, Gustave Doré (voir Gazette n° 42, page 6). Sa carrière dans ce domaine a débuté à 22 ans, et il est alors au sommet de son art. Grâce à sa patte, il a donné une nouvelle dimension au récit de Charles Perrault (1628-1703), publié pour la première fois en 1697 dans les Histoires ou Contes du temps passé, avec des moralitez. Une série d’attaques de loups avaient alors défrayé la chronique dans le bois de Marcoussis entre novembre 1692 et mars 1693, soit peu de temps avant la parution du texte. Au XIXe siècle, la bête ne terrorise plus les campagnes, mais sa symbolique imprègne toujours l’imaginaire, comme l’a étudié Michel Pastoureau dans Le Loup, une histoire culturelle (Seuil, 2018).
Tendre et sereine, la Femme à l’antilope (55 x 46 cm) peinte par Jean Dupas (1882-1964) en 1923 recueillait 72 800 €, tandis que le bronze de la La Danseuse aux serpents (h. 70 cm) de Paul Landowski (1875-1961), modelée en 1914 et fondue ici par Valsuani, hypnotisait à 35 100 €. Libellules et coléoptère, en émaux-bijoux, prenaient leur envol à 39 000 € sur la panse d’un vase signé par Émile Gallé (1846-1904) en 1881, imitant la pierre dure et mêlé de poudres d’oxydes vert bleuté.
VENDREDI 5 DÉCEMBRE, SALLE 16 - HÔTEL DROUOT.
TESSIER & SARROU ET ASSOCIÉS OVV. M. SCHOELLER.