GUSTAVE DORÉ ENTRE CHIENS ET LOUPS
Publié par la Gazette Drouot
Un Doré peut en cacher d’autres et, aux côtés de l’univers des contes de Perrault, peintures et œuvres sur papier déploient leurs odes à la grande nature.
En 1862, Pierre-Jules Hetzel demande à Gustave Doré d’illustrer la nouvelle édition des Contes de Charles Perrault, en format in-folio, avec des gravures pleines pages qui mettraient en exergue les éléments majeurs de chaque conte.
Le sujet ne pouvait que plaire à celui qui a fait du romantisme mâtiné de médiévisme son genre de prédilection. Il va s’atteler à la tâche avec ardeur et livrer une série de gravures qui recevront un accueil enthousiaste de la part des critiques. Sainte-Beuve, le premier, écrit en 1861 : « Un Perrault comme il n’y en eut jamais jusqu’ici et comme il ne s’en verra plus. [...] Je ne puis que dire que ces dessins semblent fort beaux, d’un tour riche et opulent, qu’ils ont un caractère grandiose qui renouvelle l’aspect de ces humbles contes et leur rend de leur premier merveilleux antérieur à Perrault même. » Car Doré ne se contente pas d’accompagner le texte, il lui confère une nouvelle dimension, morale et psychologique, et le fait ainsi entrer dans le XIXe siècle. Trois illustrations sont consacrées au Petit Chaperon rouge, qui « fut bien étonné de voir comment sa grand-mère était faite », sujet de cette toile provenant de la collection de l’antiquaire Jean-Marie Rossi. Il y est question de la fragilité d’une fillette pure et innocente, face à un prédateur, qui n’est pas forcément celui que l’on croit.
Un thème à fort message social et moral résonnant toujours aussi fort. Notre fillette ne sera pas seule pour affronter le danger, d’autres œuvres de Doré viendront l’épauler, onze exactement, toutes provenant d’une collection particulière européenne. Il en est ainsi par exemple de Deux personnages et chiens au crépuscule en montagne (44,5 x 30,5 cm), une aquarelle de 1881, Le Grand Combin au soleil couchant (26,5 x 35 cm), un panneau dardant ses rayons et Le Loch Duich – Sky, Écosse, (22 x 30,5 cm), une aquarelle de 1880 exprimant la fascination de l’artiste pour la majesté des paysages écossais. Ces trois œuvres sont estimées chacune entre 2 500 et 3 500 €.
VENDREDI 5 DÉCEMBRE, SALLE 16 – HÔTEL DROUOT.
TESSIER & SARROU ET ASSOCIÉS OVV. M. SCHOELLER.
Gustave Doré (1832-1883)
Le Petit Chaperon rouge et le loup
Huile sur toile.
75 x 114 cm.