Les Fonderies de Chevreuse

Publié par la Gazette Drouot

LES FONDERIES DE CHEVREUSE

Judiciaire et volontaire, cette vente marque un tournant pour les Fonderies de Chevreuse.

L’Homme éclaté de Leonardo Benatov, sculpteur et fondeur d’art qui s’était investi dans les Fonderies de Chevreuse à partir de 1981 (à ne pas confondre avec le peintre russe portant le même nom, qui n’est autre que son père), avait valeur d’emblème ce dimanche, celui d’une société déchirée par sa liquidation judiciaire.
Les trois quarts des numéros étaient dispersés dans ce contexte, le restant étant vendu dans l’espoir de donner un coup de pouce au redémarrage de la fonderie. 21 250 € étaient ainsi prononcés pour ce bronze haut de plus de deux mètres. La spécificité de l’entreprise était en effet de pouvoir fondre d’un seul jet de grandes pièces à la cire perdue, jusqu’à plus de quatre mètres, grâce à un four enterré mesurant lui-même près de six mètres. Cet autre bronze en témoigne. Il reproduit un transi attribué à Ligier Richier, sculpté dans la pierre à la Renaissance pour orner la sépulture de René de Chalon, prince d’Orange, tué en 1544 au siège de Saint-Dizier. Créé pour la collégiale Saint-Maxe, transféré dans l’église Saint-Étienne de Bar-le-Duc et vandalisé en 1793, l’original y a été réinstallé en 1810. Le squelette a été immortalisé par des moulages réalisés en 1894 pour le musée du Trocadéro et, en 1922, pour la tombe du dramaturge Henri Bataille. Brandissant son cœur, il se veut le symbole de la Résurrection…