Art indo-portugais, moghol, bijoux et peintures...

Mercredi 14 mars, salle 5 – Drouot-Richelieu.
Goa ou Gujarat, fin du XVIIe,début du XVIIIe siècle. Cabinet à abattant découvrant six tiroirs, bois exotique incrusté d’ivoire et d’os, poignées en fer forgé, 24 x 38,5 x 27,5 cm.
C’est du côté des vitrines de bijoux que résonnait l’enchère la plus élevée, 93 000 euros pour un diamant brillant taille ancienne (5,5 ct environ, H, VS2) monté entre deux diamants baguette sur une bague en platine. Également en platine, une autre parée d’un brillant taille ancienne (2,8 ct environ, K-L, VS) encadré de deux diamants baguette encaissait 16 400 euros.
Direction l’Inde, ensuite, pour y découvrir deux lots qui pulvérisaient leurs estimations... 76 000 euros retentissaient sur le charmant cabinet indo-portugais reproduit, réalisé à la fin du XVIIe, début du XVIIIe siècle à Goa ou au Gujarat. Un fin décor feuillagé ponctué d’arbres y abrite des animaux et des chasseurs montés sur des éléphants ou des chevaux. Ce type d’ouvrage était réalisé dans les colonies portugaises du sous-continent indien pour les colons ou destinés à l’exportation. La basilique du Bon Jésus à Old Goa conserve des oeuvres de ce type, fabriquées dans l’État de Goa ou les régions alentour. Les pièces fabriquées dans le Gujarat témoignent davantage de l’influence moghole, cet État faisant partie de l’empire des descendants de Timur.
Justement, l’art moghol faisait des étincelles en produisant 40 000 euros avec une poire à poudre du XVIIIe siècle en ivoire (l. 28 cm), sculptée d’une tête d’antilope, de fauves et de divers animaux. Son ouverture se commande grâce à un levier en fer forgé. Elle n’était pas estimée plus de 2 500 euros. Dès la fin du XVIe siècle, les poires à poudre mogholes se sont parées de foisonnants décors animaliers influencés par l’art hindou.
Sur les cimaises, la peinture russe emportait la mise avec les 52 000 euros recueillis, au triple de l’estimation, par une toile d’Ivan Choultse (1874/77-vers 1932) décrivant un Torrent entre les sapins enneigés (45 x 45 cm).
La peinture ancienne n’était pas en reste, les estimations étant également largement dépassées. 42 000 euros rutilaient sur un cuivre flamand du XVIIe siècle d’un suiveur de Jan II Bruegel, La Halte des voyageurs près d’un moulin (17 x 22 cm), tandis qu’un panneau de même origine et même époque d’un suiveur de David Teniers, Les Tonneliers (16,5 x 11 cm), grimpait à 17 000 euros. Une toile française vers 1770 de l’entourage de Claude Joseph Vernet, Personnage près d’une cascade (40 x 31,5 cm), fusait à 20 000 euros.
Pour le XIXe siècle, une paire de cartons (15 x 19 cm) de Giuseppe Canella de 1828, Vue de Paris depuis Montmartre et Les Halles, célébrait notre capitale en doublant à 40 000 euros son estimation.
Terminons avec un lingot d’or d’un kilo négocié très exactement 37 150 euros.


N° 12 – 23 MARS 2012 – LA GAZETTE DE L’HÔTEL DROUOT