"Adam et Eve" par Louis-Simon Boizot

Louis-Simon BOIZOT (1743 - 1809)
Adam et Ève
Groupe en terre cuite
Sur le devant de la base carrée, au crayon : Par BOIZOT
H : 53 cm
Accident et restauration à l'index d'Adam.
Estimation : 60 000 €

Premier grand prix de sculpture à dix neuf ans, Boizot est agréé à l'Académie de peinture et de sculptures en 1771.
En 1778 il est nommé académicien puis professeur en 1805. A son retour de Rome en 1773 il devient directeur des ateliers de sculpture de la Manufacture de Sèvres. Brillant portraitiste, c'est l'un des sculpteurs majeurs du règne de Louis XVI.
Le livret du salon de 1791 mentionne sous le numéro 448 : Groupe en terre cuite. Adam et Ève, première pensée de la mort. Par M. Boizot, Ac.
Il s'agit sans nul doute de notre groupe.

Dans un très bel état de conservation, d'une dimension ambitieuse et rare pour un groupe en terre cuite, très soigné et accomplie dans les moindres détails, il correspond aux standards des œuvres sculptées présentées aux Salons de la fin du XVIIIème siècle. On y retrouve les caractéristiques stylistiques de Boizot, académisme et grande maitrise technique. On peut lire dans la Genèse (3,6-11) : Elle prit de son fruit et mangea, elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il mangea. Alors se dessillèrent leurs yeux à tous deux, et ils connurent qu’ils étaient nus ; et cousant des feuilles de figuier, ils se firent des pagnes. Boizot a pris un grand soins dans le modelage des pagnes en feuilles de figuier qui couvrent avec une belle délicatesse la nudité d'Adam et Ève. Ces pagnes, outre qu'ils identifient sans conteste le couple biblique, montrent aussi au jury du Salon la maitrise de l'artiste dans l'art de la nature morte. Ève, dont la longue chevelure est un des très beaux passages de l'œuvre, est agenouillée dans une attitude désespérée et montre du doigt une colombe qui git au sol. Elle semble prendre conscience pour la première foi de « l'idée de la mort ». Penché vers Ève et la soutenant dans une attitude pleine d'emphatie, Adam; dont le visage très néoclassique est a rapprocher de celui de Méléagre, morceau de réception de l'artiste à l'Académie royale de peinture et de sculpture (Musée du Louvre inv. RF 3000) montre de l'index les cieux comme pour indiquer la volonté divine. Ce groupe, important dans le corpus de l'œuvre de Boizot, est semble-il une découverte, la littérature sur l'artiste en faisant mention sans toutefois le localiser.

Bibliographie : Louis Simon BOIZOT (1743 - 1809) ; Somogy Ed. Paris, 2001 ; page 48. Collection des Livrets des anciennes expositions ; Jacques Laget Ed. Nogent le Roi ; 1990 ; Tome VI ; n° 448 page 34.

Vente le 18 Novembre 2011 en Salle 6 à Richelieu-Drouot