DROUOT BILAN 2025


Publié par la Gazette Drouot

Adjugé 273 000 €
GUSTAVE DORÉ
Le petit chaperon rouge et le loup, vers 1860
TESSIER - SARROU, VENTE LE 5 DÉCEMBRE 2025
EXPERT : ÉRIC SCHOELLER


2025 : ANNÉE DE RECORDS ET REDÉCOUVERTES

L’année 2025 s’achève sur des résultats remarquables pour Drouot. Les ventes du groupe totalisent 769 millions € soit une progression de 16 % par rapport à l’année précédente. Les ventes physiques dans des lieux Drouot s’élèvent à 385 millions €, soit une augmentation de 14,56 %, tandis que les ventes sur Drouot.com totalisent 384,2 millions €. Ce résultat est porté par 208 enchères supérieures à 100 000 € et 136 préemptions des musées et institutions français.
Cette dynamique reflète une saison exceptionnelle, marquée par des découvertes majeures et des œuvres inédites qui ont captivé collectionneurs et institutions. Neuf enchères millionnaires ont rythmé l’année, consacrant des chefs-d’œuvre des maîtres modernes et des pièces historiques, dont la plus haute enchère enregistrée en France en 2025 : 32 millions € pour un tableau retrouvé de Picasso.
Olivier Lange, Directeur général du groupe Drouot : « Avec un total de 769 millions € et une progression de 16 % par rapport à 2024, Drouot confirme sa première place sur le marché de l’art. L’année 2025 s’inscrit dans la continuité de la dynamique engagée depuis 2024, portée par une stratégie claire d’expansion. La plateforme digitale drouot.com enregistre un montant de 384,2 millions €, et conforte ainsi sa position de leader européen dans le secteur du mobilier et des objets d’art. La salle de Bagnolet dédiée aux ventes courantes, ouverte en novembre 2024, a pour sa part accueilli 55 ventes, pour un produit de 2,5 millions €. »
Alexandre Giquello, Président de Drouot : « Dans un contexte politique et économique complexe, l’Hôtel Drouot s’est illustré cette année par une série de découvertes majeures : un Picasso retrouvé, un Renoir jusqu’alors inconnu, un dessin inédit de la Renaissance italienne ou encore un souvenir de l’empereur Napoléon, tous couronnés de résultats exceptionnels. De nombreuses ventes ont également ouvert une fenêtre sur des cultures plus lointaines, parfois encore peu explorées. Portées par l’engagement de collectionneurs passionnés, certaines disciplines ont ainsi gagné une reconnaissance élargie, avec des adjudications dépassant les attentes et, pour plusieurs lots, des prix appelés à faire référence, à l’instar du record mondial obtenu pour l’artiste brésilien Rego de Monteiro. »

ENCHÈRE RECORD EN FRANCE
Conservé dans le secret d’une collection depuis son acquisition auprès de l’artiste en 1944, le fascinant portrait de Dora Maar par Picasso, Buste de femme au chapeau à fleurs, avec ses couleurs intenses, a créé l’événement. Adjugé à plus de 32 millions €, il apparaissait sur le marché pour la première fois (Lucien Paris).

ŒUVRES INÉDITES ET REDÉCOUVERTES
Les ventes de 2025 ont été marquées par des découvertes majeures et des œuvres restées à l’abri des regards pendant des décennies, révélant des facettes inédites de l’histoire de l’art. Parmi les moments forts, la vente du sabre de Napoléon Ier, chef-d’œuvre chargé d’histoire et réalisé par le maître armurier Nicolas Noël Boutet, a suscité un duel d’enchères passionné avant d’atteindre 4,7 millions €. Offert par l’Empereur à Emmanuel de Grouchy en 1815, il était resté dans sa descendance jusqu’à sa présentation au printemps à l’Hôtel Drouot (Giquello).
Autre découverte spectaculaire : un dessin de Daniele da Volterra, élève de Michel-Ange. Cette étude pour l’une de ses fresques de la Trinité-des- Monts, provenant d’une succession dans la région nantaise, a battu le record mondial pour l’artiste en s’envolant à 4,1 millions € (Millon). Un dessin d’Eugène Delacroix a lui aussi retrouvé la lumière. Études de lions couchés, documentée mais jamais exposée depuis 1864, a été redécouverte dans une demeure familiale et adjugée 455 000 € (Daguerre Val-de-Loire). Enfin, une nature morte inédite de François Boucher, Nature morte au vanneau huppé et au combattant varié, seule connue de l’artiste, a été vendue 273 000 €, révélant une facette méconnue du premier peintre du roi (Pescheteau-Badin).
Dans un autre registre, celui des chefs-d’œuvre impressionnistes, Pierre- Auguste Renoir a également marqué la saison avec L’enfant et ses jouets – Gabrielle et le fils de l’artiste, Jean. Cette toile émouvante, jamais exposée ni répertoriée, appartenait à Jeanne Baudot, grande amie et unique élève du peintre. Présentée pour la première fois en vente publique, elle a été adjugée 1,8 million € (Christophe Joron-Derem). Gustave Caillebotte a également séduit les collectionneurs avec Pommiers en fleurs, Petit Gennevilliers, peint en 1892 et adjugé 1,1 million €. Conservée plus de soixante ans dans une collection privée parisienne, cette toile n’avait été exposée qu’une seule fois, lors de la rétrospective Durand-Ruel en 1894 (Auction Art Rémy Le Fur & Associés).
La modernité s’est illustrée avec Pierre Soulages. Une composition puissante de 1956 a doublé son estimation haute pour atteindre 1,8 million €. Conservée durant plusieurs décennies dans la collection de Walter A. Netsch avant de rejoindre une première collection européenne en 1990, cette œuvre s’inscrit dans une période recherchée par les amateurs, au moment où l’artiste renouvelle sa technique picturale (DIGARD AUCTION).
Les enchères ont également consacré des découvertes inattendues, comme Deux femmes, encre sur soie de Tran Binh Loc, figure majeure de l’art moderne vietnamien, qui a battu un record mondial à 1,2 million € (Mirabaud – Mercier).

PRÉEMPTIONS DES MUSÉES DE FRANCE
Les institutions françaises ont confirmé leur engagement en réalisant près de 140 préemptions au cours de l’année. Parmi elles, deux bas-reliefs en pierre exécutés par Ossip Zadkine en 1927 pour un hôtel particulier parisien décoré par André Groult ont été acquis par le musée Zadkine : Femmes et chiens (351 000 €) et Trois cerfs (325 000 €) (Ader).
Autre moment fort : la dispersion d’un fonds inédit de dessins et écrits de Pierre Fontaine, architecte néoclassique, éclairant la genèse du style Empire. 1,7 million € ont récompensé cet ensemble exceptionnel, fort de 900 feuilles disputées aussi bien par les institutions que par les collectionneurs privés (Thierry de Maigret).

UNE ANNÉE QUI CONFIRME LA VITALITÉ DU MARCHÉ
Ces résultats illustrent la force d’attraction de Drouot, où se conjuguent histoire, redécouvertes et records mondiaux. Portée par des enchères emblématiques et des œuvres inédites, 2025 s’impose comme une année de référence, confirmant la place de Drouot au cœur du marché de l’art international.